RÉSISTER!
Les modalités du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 seront mises au débat au Parlement à l’automne 2026. De nouvelles restrictions d’accès aux soins, aux prises en charge, ainsi que des augmentations du reste à charge pour les patient·es s’annoncent.
Pour les professionnel·les, sans lutte commune, l’avenir sera aux suppressions de postes et à la réduction des droits.
Le catastrophique PLFSS 2026 n’a été voté qu’à quinze voix pour. Aussi, afin d’empêcher de nouvelles mesures d’économies sur la Sécurité sociale, et pour gagner un financement à la hauteur de nos besoins, nous devons dès maintenant nous préparer à mettre la pression.
En psychiatrie, depuis 40 ans, quels que soient les budgets votés, l’assèchement du financement a été organisé.
Ainsi, entre 2012 et 2018, l’augmentation de la dotation annuelle de fonctionnement des hôpitaux psychiatriques a été de seulement0,8 % pour un ONDAM (objectif national des dépenses de l’assurance maladie) de 2,3 à 3 %.
Cette organisation de l’indigence budgétaire de la psychiatrie s’est accompagnée de fermetures de lits, de places, de diminutions d’effectifs, de l’appauvrissement en formations spécifiques et de la disparition des espaces de pensée.
Derrière cet assèchement, il s’agissait d’organiser une psychiatrie aux ordres, comme le démontre son nouveau mode de financement articulé aux « recommandations » de la HAS ainsi que les attaques en règle contre les lieux de soins à visée psychothérapeutique, quelle que soit leur orientation.
Et s’il s’agit d’éliminer ces lieux, ce n’est pas parce que les outils cliniques utilisés ne produisent pas du soin psychique, mais parce qu’ils produisent de la pensée diversifiée, de l’originalité, du collectif, de la création, tout ce qui échappe au contrôle organisé.
En effet, la vision néolibérale de la psychiatrie promeut volontairement la mort du soin psychique humaniste pour finaliser l’ouverture de la psychiatrie au secteur marchand lucratif. Ouverture qui nécessite la production d’actes rationalisés, quantifiables, reproductibles, réalisés par des professionnel·les interchangeables.
PARCE QUE SE SOUMETTRE N’EST PAS SOIGNER !
Le 15 septembre 2026, la CNP CGT appelle l’ensemble des professionnels de psychiatrie à se mobiliser pour revendiquer :
– l’abrogation du nouveau mode de financement de la psychiatrie ;
– un financement à la hauteur de nos besoins réels ;
– l’augmentation générale de nos salaires et leur indexation sur l’inflation,
l’amélioration de nos carrières et la reconnaissance de la pénibilité ;
– une opposition massive à la restriction de nos pratiques de soins aux seules
« recommandations » de la HAS qui, demain, deviendront obligatoires, comme
pour les CMPP.
RÉSISTER, C’EST REVENDIQUER DES MOYENS POUR LA PSYCHIATRIE PUBLIQUE
RÉSISTER, C’EST REVENDIQUER LA PLURALITÉ DES APPROCHES CLINIQUES
RÉSISTER, C’EST REFUSER DE REMPLACER UNE PSYCHIATRIE HUMAINE ET
VIVANTE PAR LES DIKTATS DE LA HAS
