LETTRE OUVERTE
Madame, Monsieur, député·e·s et sénateur·rice·s,
Devant la gravité de la situation dans le secteur sanitaire, social et médicosocial, les instances nationales de la
Fédération CGT Santé et Action Sociale ont acté la tenue d’un mouvement de grève et de mobilisation le 9
octobre 2025 à Paris devant le ministère de la santé, à partir de 12h00.
La santé et l’accès aux services publics sont des sujets prioritaires pour la population, pourtant, les annonces
estivales autour des prochains PLF et PLFSS sont alarmantes. Nous tenons à vous alerter sur la gravité de la
situation : si celle-ci n’est pas redressée, c’est l’annonce de l’effondrement de notre modèle social.
Les politiques austéritaires portées par les gouvernements successifs depuis de nombreuses années mettent à
mal notre système de santé et de protection sociale avec des conséquences désastreuses sur la population et
en particulier les personnes les plus vulnérables: hausse de la mortalité infantile, fermetures de lits, manque
de professionnel·le·s dans tous les services, délais d’attente qui explosent aux urgences faute de lits d’aval.
concernant les urgences, la régulation des entrées via le SAS du 15, n’a fait qu’aggraver la situation.
Au prétexte de la doxa néolibérale, les personnels de notre champ sont également sacrifiés sur le banc de
l’austérité : gel des salaires, destruction des professions, attaques sur le temps de travail, gel du point d’indice des
fonctionnaires, suppression de postes de fonctionnaires, décisions unilatérales des employeurs sans prendre en
compte les instances représentatives du personnel, fermetures de lits et de structures ….
La situation budgétaire des établissements de santé, du médico-social et du social est alarmante. Elle exige un
PLF et un PLFSS à la hauteur des besoins : une hausse d’au moins 7 à 10 % est indispensable pour simplement
maintenir l’existant.
La commission d’enquête sénatoriale a évalué à 211 milliards d’euros le montant total des aides publiques aux
entreprises en 2023. Elles constituent ainsi le premier poste de dépenses de l’État, soit un quart de son budget.
Le plus inquiétant : elles ne sont assorties d’aucune contrepartie ni condition.
Ce montant représente ONZE FOIS le budget de la Santé et des Solidarités. Les réponses du gouvernement
actuel, sont d’accroître les contrôles en stigmatisant les allocataires et en sommant les Agences Régionales de
Santé à renforcer leur pilotage dans un but de « maîtrise et de réduction de la dette publique ».
À cela, il faut ajouter les trois projets de décret transmis en catimini à la Caisse nationale d’assurance maladie
visant à augmenter les participations forfaitaires et franchises médicales à la charge des patient·e·s. Le message
est clair : faire payer davantage celles et ceux qui ont le plus besoin de soins, tout en continuant de privilégier
le capital.
La Fédération CGT Santé et Action refuse cette situation. Nous appelons donc à une grande journée de grève et
de mobilisation le 9 octobre 2025 à Paris, afin de porter nos revendications et nos propositions pour un système
de santé fondé sur le principe fondamental de la solidarité : chacun cotise en fonction de ses moyens et dépense
en fonction de ses besoins.
Nous invitons l’ensemble des parlementaires qui soutiennent nos propositions et revendications à venir
rencontrer les délégations venues de tout le territoire, rassemblées devant le ministère de la santé à partir de
12 heures.
Fait à Montreuil, le 1er octobre 2025
Pour la psychiatrie publique:
La psychiatrie publique s’effondre chaque jour un peu plus sous nos yeux, alors que la “santé mentale” a été élevée au rang de grande cause nationale . Cette situation va s’aggraver drastiquement avec le projet de budget du gouvernement pour 2026 qui sacrifie professionnels et patient sur l’autel de l’austérité budgétaire.
Et cela alors qu’en 10 ans le budget alloué à la psychiatrie a baissé de 13% et sa progression a été 2 fois plus lente que celle des dépenses de santé globales.
La CGT ne restera pas silencieuse face à la multiplication des fermetures de lits, à la dégradation continue de nos effectifs et à des conditions de travail de plus en plus intenables?
Nous allons faire entendre notre colère et nos revendications avec l’ensemble de la Fédération de la santé et de l’action sociale CGT. Exigeons les moyens pour un grand service public de psychiatrie avec :
- La mise en place d’un véritable plan pour la psychiatrie basé sur le soin, l’accompagnement, et la prévention. Non pas sur la marchandisation du soin et des patients.
- L’arrêt immédiat des fermetures de lits de psychiatrie et la réouverture de ceux qui ont été fermés afin de répondre aux besoins réels de la population.
- Le développement des structures extra hospitalières ambulatoires permettant l’accueil de toutes les souffrances psychiques, des plus graves, aux plus bénignes.
- Le recrutement massif de personnel dans tous les corps de métiers de la psychiatrie ainsi que l’arrêt de l’externalisation des fonctions support avec la reconnaissance du rôle primordial des personnels techniques et administratifs dans nos établissements.
- L’augmentation générale des salaires et la reconnaissance de nos qualifications avec l’engagement d’une réflexion et d’un travail sur la formation des professionnels en psychiatrie.
- l’abrogation du décret 2021-1255 du 29 septembre relatif à la réforme du financement des activités de psychiatrie.
- La nationalisation des établissement de psychiatrie relevant du privé lucratif qui rémunèrent leurs actionnaires avec l’argent de la sécurité sociale.
Le 9 octobre 2025
Une délégation de l’union santé et action sociale CGT 05 sera présente lors de la mobilisation devant le ministère de la santé à Paris.
Mobilisons nous massivement pour imposer d’autres choix politiques afin de sauver et développer la psychiatrie publique!
